Ames
soeurs
Chapitre 7 :
Complot de famille (1)
Genre : famille je vous aime
_ Oh mince !
_ Quoi ?
_ J’ai complètement
oublié mon cours, je vais être en retard ! Merdemerde
merdemerdemerde !
Percy regarda Fred avec
de grands yeux.
_ Un cours ? A cette
heure-ci, je n’en ai pas été informé.
_ Bah bonjour l’assistant
du dirlo !
_ Fred, un peu de respect
pour ton patron veux-tu !
_ Nhhhhhhh !
_ Et ça se dit
professeur !
_ Ehhh ! S’indigna
le jeune homme. C’est pas moi qui aie mis en place une réforme pour rallonger
la durée des études de deux ans et entraîner ainsi un manque de professeurs.
Heureusement que les fabuleux jeunes magiciens que nous sommes, avons accepté
de sacrifier notre talent pour vous venir en aide.
_ On lui dira, rigola
doucement Percy.
_ Dit tout de suite que
nous sommes des incapables !!
_ Bah à vrai dire, sourit
malicieusement son aîné, je n’osais pas, mais comme tu me le proposes si
gentiment.
_ S’pèce de cancrelat
baveux, bonjour la solidarité familiale !
_ Euuuuuh Fred, dit
soudain son jumeau, en parlant de solidarité familiale, tu n’oublies pas ton
cours ???
_ Ah zuteuuuuh !
Remus va me passer un savon !
_ Viiii, bah heureusement
qu’il a accepté de revenir nous aider, parce que sinon on aurait pas été dans
la mélasse avec vous deux ! Rajouta Percy.
Les jumeaux lui tirèrent
la langue de concert, alors qu’un peu plus loin, Hermione les dévisageait,
hallucinée et Ginny se fendait littéralement de rire devant les incessantes
prises de becs de ses frères.
Lorsque la jeune fille
retrouva enfin un temps soit peu de sa contenance, elle alpagua les jumeaux
avant qu’ils ne s’en aillent pour leur donner rendez-vous le soir même dans
leur chambre.
_ Hein ? Mais
pourquoi la nôtre ? Demanda aussitôt George.
_ Parce que les prof peuvent veiller aussi tard qu’ils le
désirent, crétin !
Elle jeta un petit coup
d’œil aux deux jeunes gens toujours enlacés et soupira :
_ Et que je n’ai encore
aucune idée de la manière dont on va pouvoir les fourrer ensemble.
Les trois frères bougonnèrent quelques mots à propos d’une très
mauvaise idée de se mêler de leur histoire de cœur, mais l’œillade meurtrière
que Ginny leur lança fit taire toutes leurs protestations.
Elle regarda s’éloigner
les jumeaux puis se tourna vers Hermione.
La jeune fille frissonna
sous l’intensité de son regard, prometteur de quelque mission qu’elle n’était
pas sûre de vouloir accomplir.
Ginny n’y alla pas par
quatre chemins.
_ Il faut que tu mettes
Harry au courant.
_ HEIN ??? Ca va pas
non !
_ Herm...
_ Non, non, non et
non ! Je ne suis pas kamikaze !
_ Herm s’il te
plait. Toi seule peut le faire.
_ Tu veux réellement que
l’on retrouve trois cadavres, c’est ça ?
_ Trois cadavres ?
_ Ceux de ces deux
ziozios pour avoir eu la chouette idée de faire copain-copain et le mien pour
lui avoir annoncé.
Ginny éclata de rire.
_ Harry t’aime trop pour
te faire quoi que ce soit, Herm.
La jeune femme bougonna.
_ Je n’en suis pas si
sûre.
_ Mais si...
_ Ginny a raison, Hermione,
intervint Percy. Il t’écoutera.
_ Et ça ne te dérange pas
tout ça, toi ? C’est ton frère tout de même !
_ Bah... s’il est heureux
ainsi, c’est tout ce qui importe, non ?
_ Oui... oui, soupira
Hermione. C’est vrai. Bon, d’accord, je vais lui dire.
Ginny lui sauta
littéralement au cou.
_ Merci !
_ Je ne sais même pas
pourquoi je vais fait ça !
_ Parce qu’il ne vaut
mieux pas pour la santé de ces deux là qu’il ne le découvre pas par lui-même.
_ Mon dieu, dans quoi me
suis-je fourrée ?
_ Allez, viens Hermione, je te ramène, proposa Percy. Le match
doit être fini maintenant.
_ Mon dieu, le
match ! s’horrifia la jeune femme. Harry va me tuer pour ne pas l’avoir
regardé jusqu’au bout.
_ Mais non !
_ Et moi ? Demanda
Ginny.
_ Toi ?
_ Tu ne vas pas laisser
ta petite sœur toute seule en plan dans la forêt.
_ Oh, mais si !
Puisque tu tiens tant à leur bonheur, tu vas les surveiller, pour être sûre
qu’il ne leur arrive rien de fâcheux.
_ D’accord, se résigna la
cadette. Je présume que je l’ai mérité.
Et elle les regarda
partir à leur tour avant de reporter son attention sur les deux jeunes hommes.
Mais elle fut bien vite tirée de son observation par un petit mouvement de
feuillage sur sa droite. Intriguée, elle décida de s’y intéresser.
***
Ron ne sut pas vraiment
combien de temps il restèrent ainsi enlacés. Peut-être des heures... Peut-être
quelques minutes à peine. Mais peu à peu les sanglots de Malfoy se calmèrent
pour laisser place à l’étrange silence de la forêt.
Toute vie semblait s’être
suspendue, comme figée dans quelques secondes d’éternité, retenant leur
souffle. Il ne percevait plus que le léger sifflement de leurs respirations
mêlées et celui des battements du cœur de Draco qui s’apaisaient lentement.
Lentement.
Comme les douces pulsations d’un pendule.
Doki… doki… doki…
Rythme parfait du
métronome, telle une berceuse apaisante et réconfortante.
Doki… doki… doki…
Toujours plus lentement.
Il n’existait plus rien
d’autre dans cette forêt de vie. Chaque être vivant, chaque caprice du vent
semblait s’être apaisé pour ne laisser que cet instant entre eux, que ce léger
bruissement qui résonnait étrangement fort dans leur poitrine.
Seul le soleil venait
encore jouer de ses effets sur leur deux corps, laissant quelqu’un de ses
rayons traverser les cimes des arbres pour venir couler, en rayon de miel
doucement sucré, sur leur peau. Douce chaleur courant sur leur âme, magique,
mélange exquis de la puissance solaire et du simple contact de leur être. Doux
parfum de l’herbe encore un peu clairsemée de rosée, à moins que ce ne soit
leurs larmes, multicolores sous les faisceaux de lumière qui venait parfois les
toucher. Douceur diaprée d’une étrange fleur épanouie à leurs pieds, comme née
de leur peine pour en tirer toute sa beauté, rayonnante et mortelle.
Pourtant de ces étranges
sensations, aucune existence, sinon la leur, ne semblait s’exprimer, aucun son,
aucun mouvement. Eux seul paraissait ne pas être prisonnier du temps.
Deux survivants.
Puis, lentement, la vie
commença à reprendre le dessus.
Bruit de course effrénée
d’un lapin effrayé sur leur droite, ici le chant gai d’un pinson, là une
branche secouée légèrement par la brise et plus loin le bruit presque
indistinct de la rivière, charriant son eau au travers les herbes folles.
Ron se laissa bercer
quelques instants par cet univers de sons, fermant les yeux pour en savourer
tout le calme et toute la volupté. Resserrant alors un peu plus son étreinte
sur le jeune homme, il laissa ses sens s’ouvrir complètement à un monde dont il
connaissait et découvrait à peine tous les secrets. Un monde étonnamment beau
qui semblait quelque peu adoucir la douleur des souvenirs dont il partageait
désormais le secret. D’une main inconsciente, presque naturelle, il vint
caresser lentement la chevelure fine qui chatouillait la peau de son cou,
laissant ses doigts la démêler et s’enfoncer doucement entre ses fils d’or.
Draco en aurait presque
ronronné.
C’était surprenant, tellement
inhabituel que son premier réflexe aurait été de se dégager si Ron ne l’avait
pas serré si fort. Mais le rouquin ne semblait pas prêt à le laisser s’enfuir
une fois de plus. Il s’était alors finalement détendu, se laissant aller à
cette caresse impromptue, goûtant ce contact étrange qu’il lui offrait pour la
deuxième fois déjà.
Il ne se souvenait presque plus du dernier
instant où il avait pu être le centre d’une telle attention. Cela semblait
remonter à si loin, des milliers d’années en son sens, au point qu’il avait
oublié que cela pouvait être si bon.
Juste être soit même pour une fois, sans
masque ni obligation, rien que le plaisir de profiter d’un contact humain. Plus
de faux-semblant, au moins pour quelques heures. Seulement le réconfort d’une
présence.
Et après ?
Il ne savait pas.
Il aurait voulu, il
aurait aimé pouvoir continuer ainsi, devenir ce que le petit garçon de six ans
de ses souvenirs aurait pu être. Mais c’était impossible, il le savait, c’était
un risque trop grand à prendre.
Beaucoup trop grand.
Trop de personnes avaient déjà souffert de
ses faiblesses, payant de leur vie les quelques secondes de bonheur qu’il leur
avait arraché et il n’avait pas le droit de laisser une telle chose se
reproduire. Jamais.
Il aurait souhaité
conserver ce sentiment que Ron lui avait offert, cette sensation qui seule
l’avait empêchée de basculer et pouvoir en apprendre toute la signification, en
découvrir toutes les conséquences. Mais cela n’aurait été qu’égoïsme de sa
part. Quelques pouvaient être ses sentiments, quelques pouvaient être ses
désirs, il n’avait pas le choix. Une fois de retour à l’école il lui faudrait
impérativement retrouver son apparente impudence, son regard hautain, sa fausse
assurance. Il lui faudrait agir à nouveau comme avant et comme avant torturer…
torturer Ron de ses remarques acerbes, des tous ses petits actes vicieux qui
faisait toute sa personnalité.
Oui… tout ce qu’il était.
Comme son père.
Une boule acide se forma
dans son estomac à cette pensée qu’il eut du mal à repousser.
Il savait… il savait
qu’il fallait qu’il se détache du jeune homme, qu’il reforme entre eux cette
barrière qu’il avait su maintenir si longtemps avant de s’écrouler, qu’il
renoue les fils de la haine qu’il avait su tisser tout au long de ces années,
même si au fond de lui, il ne voulait pas.
Pourquoi ?
Il venait tout juste de
retrouver le véritable sens du mot compréhension, du mot partage et peut-être…
oui peut-être même du mot amitié. Tant et tant de chose qu’il avait oublié,
effacé et qu’il voulait seulement pouvoir encore goûter. Des sensations qu’il
voyait lui échapper, pluie de sable coulant entre ses doigts sans qu’il ne
puisse l’arrêter.
Alors, pourquoi ?
Il n’avait tout
simplement pas le choix. Son père ne lui pardonnerait jamais une telle exaction
à l’honneur de la famille, ne lui pardonnerait jamais d’avoir laisser une fois
de plus ces sentiments se refléter. Et alors… dieu seul savait ce qu’il serait
capable de faire.
Draco frissonna
involontairement.
Il ne pensait pas pouvoir
supporter un autre souvenir tel que ceux qui le hantaient. Tellement nombreux.
Tellement plus nombreux que ceux qu’il avait avoué ! Même encore
maintenant, même s’ils avaient été atténués, ils se répétaient sans cesse en
lui, laissant inlassablement son esprit à vif, le torturant toujours un peu
plus. Alors comment imaginer pouvoir vivre avec une nouvelle plaie ?
Impossible.
Quoi que puisse en dire
Ron, il ne pourrait pas le supporter.
Surtout… surtout si…
Il ferma les yeux pour
tenter d’échapper au flot d’horreur qui venaient remonter le fil de sa mémoire,
pour plonger dans un autre, bien plus terrible encore.
Des images, des images qui n’existaient pas,
nées de son imagination, mais aux reflets tellement réels, aux odeurs et au
touché tellement proche de la vérité. Ceux du sang se répandant à flot sur un
sol de pierre noire, ceux d’un corps affalé devant lui dans une pièce aux
profondeurs de nuit. Un corps nu si ce n’était le voile rubis et poisseux qui
le recouvrait, un corps torturé si comparable à ce qu’avait du être… ce que…
Déchiré, lacéré, violenté et cet unique rayon de lune qui dansait sur son
visage, sur ces cheveux… sur cette courte chevelure couleur de cuivre.
Un gémissement.
Une respiration sifflante.
Presque un cœur à l’arrêt.
Et deux yeux couleur des forêts qui
s’ouvraient soudain à lui, si plein de douleurs et de reproches. Si proches de
la haine.
Et la peur.
La peur de comprendre qui glissait en lui, aussi
venimeuse qu’un serpent, son regard fuyant celui qui lui faisait face pour
couler sur ses mains étrangement sombres, sur son corps étrangement dévoilé sur
lequel venaient pleurer lentement des milliers de larmes rubis.
Nooon….
Pas… pas ça…pas lui…
Il ne pouvait pas… il…
Il fut soudain sorti de son cauchemar
éveillé par deux mains puissantes le secouant avec force, tentant de lui faire
reprendre pied à la réalité.
_ Draco ? DRACO ?
La voix, inquiète, résonna profondément en
lui, l’obligeant involontairement à ouvrir les yeux et à échapper à ces images,
pour ne plus voir que le visage angoissé de Ron qui lui faisait maintenant
face.
Un autre frisson lui parcourut l’échine
alors que son propre regard se plongeait dans ses émeraudes et que sa main
venait involontairement effleurer les mèches flamboyantes qui les couvraient à
demi.
_ Draco… ça va ?
Non, non ça n’allait pas. Mais il ne pouvait
pas lui dire. Il ne pouvait pas lui dire qu’il s’était vu… qu’il l’avait vu…
mon dieu, pourquoi ? Pourquoi lui ? Il fallait qu’il parte,
maintenant, qu’il s’éloigne avant qu’il ne fasse quoi que ce soit… qu’il ne...
Il revoyait encore l’image de ses mains
tremblantes danser devant ses yeux, couverte de sang, tellement de sang, un
flot coulant sans fin. Il pouvait presque en sentir l’odeur, une senteur qu’il
ne connaissait que trop bien.
Celle de son corps et de son âme. Imprégnée
dans chacune de ces cellules, jusqu’aux tréfonds même de son être, comme marqué
au fer, intouchable, à jamais.
Sans vraiment savoir comment, il se dégagea
de l’étreinte du jeune homme et se redressa vivement, ne supportant même plus
l’idée qu’il puisse l’avoir souillé, avant de sentir ses jambes vaciller
dangereusement sous lui.
_ Draco, non !
Il ne se rendit compte que Ron s’était levé
que lorsqu’il sentit sa main se refermer fermement sur son poignet.
Il aurait voulu se dégager, le repousser,
lui faire comprendre qu’il ne devait pas l’approcher, mais toute pensée, tout
désir de fuite furent soudain stoppés par une unique phrase, à peine un souffle
échappé. Quelques mots qu’il n’aurait jamais cru entendre un jour
prononcer. Quelques mots qui suffirent
à le figer.
_ J’ai confiance.
Lentement, il se retourna pour le dévisager,
peu sûr de l’existence même de ses sons qui semblaient pourtant faire écho dans
la forêt.
_ Qu… Quoi ?
_ J’ai confiance, Draco. J’ai confiance.
Les mots furent répétés avec assurance, bien
qu’à peine soufflés et il sut qu’il disait la vérité. Pourquoi, il ne savait
pas, mais il semblait avoir véritablement confiance en lui. Et la seule chose
qu’il trouva à faire alors, tout à sa surprise et à son incompréhension, fut de
sourire de joie. Un sourire franc et chaleureux, presque rêveur, comme celui
d’un enfant à qui l’on vient de promettre la lune.
Il avait confiance.
Tout simplement.
Ron s’étonna d’avoir laissé échapper cette
phrase. Il ne savait même pas d’où elle venait, ne comprenait pas même pourquoi
il l’avait prononcé… trois fois. Cela avait seulement semblé la meilleure chose
à faire.
Mais avait-il réellement confiance ?
Il n’en était pas sûr. Honnêtement, il n’en
était pas sûr. Certes, lui et Draco étaient devenu proches ces dernières
heures, seulement d’une manière qu’il n’arrivait pas bien à saisir. Ce lien
était suffisamment fort pour que le jeune homme accepte de lui raconter son
enfer et que lui-même veuille l’aider, veuille tout faire pour le protéger,
mais il n’arrivait pas à savoir s’il était réellement prêt à mettre sa
confiance en lui, ni même qu’elle était la nature exacte de leur relation.
Quelques instants, quelques moments de
faiblesse pouvaient-ils être suffisant pour effacer des années de guerre
ouverte, des années de haine même ?
Peut-être… peut-être pas…
Il ne lui semblait pas avoir vécu un seul jour
de ces dernières années, sans détester parfaitement l’arrogant et insolant
blond qui lui faisait face. L’avoir haï pour toutes ces insultes prononcées,
pour tous ces coups en traître, pour toutes ces petites mesquineries qui avait
fait de lui sa victime préférée.
Pourtant, alors qui le regardait maintenant,
perdu, toute la haine qu’il avait cru avoir en lui semblait avoir disparue,
remplacé par un malstrom de sentiments qu’il était incapable de définir ou
nommer.
Pitié.
Amitié.
Attention.
Dégoût.
Désir.
Il ne savait pas.
Il était tout simplement incapable de
comprendre ce qu’il éprouvait. Tout ce qu’il savait, tout ce qui importait,
c’est que le jeune homme avait besoin de lui et qu’il était prêt à lui offrir
cette aide pour le meilleur ou pour le pire.
Tout… tout pour juste revoir encore une fois
sur son visage le sourire qui l’illuminait doucement à cet instant.
_ Il vaudrait mieux rentrer maintenant,
souffla-t-il soudain. Les autres vont finir par s’inquiéter.
Draco se contenta de hocher doucement la
tête, puis il dégagea doucement son bras de la poigne de Ron, pour mieux la
saisir à pleine main.
Le jeune homme ne sembla pas s’en émouvoir
plus que de mesure et lui adressa même un sourire chaleureux, avant de
l’entraîner à sa suite dans les profondeurs de la forêt en direction de
l’école.
***
Une chance.
Une perle aux couleurs maintenant bigarrées,
azur et feu, deux destins qui s’affrontaient et un espoir, enfin.
Un sourire heureux naquit sur son visage
quand il le vit prendre la main de son compagnon et que celui-ci ne fit rien
pour la retirer. Plus encore même, lorsque, se tournant un peu dans sa
direction, il put voir le reste d’un timide sourire jouer sur ses lèvres.
Un véritable sourire, pas de ceux qu’il
avait appris à porter pour les apparences, mais celui de quelqu’un qui avait
retrouvé un peu d’espoir.
Il avait eu tellement peur lorsqu’il l’avait
vu prêt à sauter, tellement peur lorsqu’il avait été à deux doigts de franchir
l’abîme. Dès qu’il l’avait entendu réciter les paroles de ce texte oublié, le
même qui lui avait déjà échappé tant d’année auparavant, il avait compris ce
qu’il allait faire, tout en sachant qu’il ne pourrait pas l’arrêter. Pas plus
qu’il ne l’avait pu la première fois.
A cette époque son père l’avait sauvé, pour
le pire. Au point qu’il en était parfois venu à penser qu’il aurait mieux valu
qu’il ne le trouve jamais.
Mais cette fois… cette fois, peut-être tout
pouvait être différent. Peut-être y avait-il encore une chance de le contrer.
Peut-être pouvaient-ils encore éviter le pire.
Le cours de ses pensées fut interrompu par
une main délicatement posée sur son épaule qui le fit sursauter. Il se retourna
alors doucement pour voir devant lui, une jeune fille aux longs cheveux de
cuivre qui le regardait en souriant.
_ Bonjour petit elfe, dit-elle simplement.
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